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Une rareté au coin de ma rue

La première observation de la Chouette, alors que le soleil était déjà couche!

La première observation de la Chouette, alors que le soleil était déjà couche!

29 novembre 2018, les premières neiges sont déjà tombées depuis un moment. Comme à tous les jours, je prends le même chemin pour partir de chez moi le matin en voiture. Au fond d’un champ, j’aperçois une silhouette qui me rappelle vaguement celle d’une petite chouette mais je me dis « non, pas possible, pas ici » et je continue ma route en oubliant cette histoire … Le soir même, vers 15h, je reçois un courriel : une chouette épervière vient d’être observée exactement au même endroit. Je saute dans mes bottes et me retrouve sur place 5 minutes après. Elle est bien là, cette chouette que je n’avais observée qu’une seule fois, il y a presque 10 ans. Pratiquement au coin de ma rue! C’est extraordinaire. En novembre, les journées sont courtes, très courtes! Et à cette heure, il fait déjà pratiquement noir. Je n’aurai le temps que de prendre une seule image, d’assez loin, et sans lumière intéressante.

Après seulement 30 minutes, elle s’est posée tout près de moi!

Après seulement 30 minutes, elle s’est posée tout près de moi!

 Les 2-3 jours qui ont suivi, j’y ai passé des journées entières. Elle était très active et chassait toute la journée, capturant plusieurs proies de taille parfois surprenante! Comme elle se déplaçait beaucoup, j’ai pris le temps de l’observer quelques heures sans prendre de photo. Au bout d’un moment, j’ai réalisé qu’elle avait un « pattern ». Elle se perchait à 6 endroits différents, toujours dans le même ordre, avant de descendre et de disparaitre dans le bois au fond du champ. Je décide donc d’aller m’y installer, et de l’attendre. À ce moment je suis dans le bois, et je ne peux savoir ce qu’elle fait et où elle se trouve. Mais j’espère qu’elle ne changera pas ses habitudes. Il ne fallut pas plus de 30 minutes pour qu’elle surgisse d’entre les arbres depuis le champ, et qu’elle vienne se poser à quelques mètres de moi, presque à la hauteur de mes yeux! Wow!

 En fait, après plusieurs jours avec elle, j’ai compris qu’elle chassait et allait cacher ses proies dans de vieux chicots pour se faire des réserves. Ce n’est pas la première fois que je fais une observation du genre. Le harfang que j’avais suivi pendant un bon moment l’hiver dernier faisait pareil en enterrant certaines proies dans la neige, à la base de poteaux de clôtures.

 La nouvelle de sa présence a fini par se propager rapidement sur internet, et des gens de partout au Québec sont venus sur place pour l’observer. Il y a eu même à l’occasion des ornithologues et photographes de l’Ontario et des États-Unis. J’ai commencé à moins y aller, ça devenait moins agréable et plus difficile de faire des photos. Et disons que l’ambiance était soudainement différente …

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 Au final, j’ai eu la chance au cours d’une vingtaine de visites de faire des observations mémorables et des images que je ne pensais pas avoir cet hiver, surtout pas aussi près de chez moi! Elle est toujours présente, je la vois pratiquement tous les jours depuis la route, mais elle n’est plus accessible. Trop de gens sont passés, les propriétaires se sont tannés et ont fermé l’accès au terrain, ce que je comprends tout à fait. Et avec la quantité de monde qui est passée depuis mes trois premières journées, seul avec la chouette, c’est probablement mieux pour elle.

 Je n’oublierai jamais cette rareté qui aura passé l’hiver au coin de ma rue. Je fais habituellement beaucoup de route pour voir des oiseaux de ce genre, c’est vraiment une chance incroyable!

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